« l'Église catholique vit, depuis un certain temps, une crise profonde. Historiquement au Québec, jusqu'à la fin des années cinquante, tout ou presque (de l'école aux hôpitaux) était dans les mains de l'Église... Tout s'est écroulé à partir des années soixante. Plusieurs facteurs ont joué dans cette métamorphose : l'influence marxiste et l'affirmation de l'étatisme, mais aussi l'impact du Concile Vatican II sur l'Église locale...»

- Cardinal Ouellet

vendredi 5 février 2016

Les Ursulines passent du français à l’anglais

Un communiqué de presse nous apprenait le 26 janvier que l’école des Ursulines, une des plus anciennes et des plus prestigieuses écoles privées au Québec, allait passer de l’enseignement en français – une tradition qui date des débuts de la colonie – à l’enseignement majoritairement en anglais pour une partie de ses élèves du primaire dès septembre 2016. 


Le directeur de l’école des Ursulines, M. Jacques Ménard, affirme que cela permettra « aux élèves de la haute-ville de Québec d'avoir accès à un enseignement en immersion anglaise, et ce, pour de nombreuses années ».

Voilà qui étonne. Qui étonne car, aux dernières nouvelles, l’immersion anglaise dans les écoles de langue française était prohibée par la Loi sur l’instruction publique (LIP). La loi est claire. Une école offrant de l’immersion anglaise aux francophones ne peut pas être subventionnée par le Ministère de l’Éducation du Québec.

Le réseau des « Vision Schools », qui se targue d’offrir de l’immersion anglaise aux petits francophones, n’est ainsi pas subventionné par le gouvernement du Québec.

De trois choses l’une : soit M. le Directeur de l’école des Ursulines ignore les dispositions de la LIP touchant la langue d’enseignement, soit il a déjà une entente en sous-main avec le ministre de l’Éducation pour faire modifier la LIP dans le sens souhaité, soit il est entendu que les Ursulines passeront du statut d’école privée subventionnée à celui d’école privée non subventionnée.

Quoi qu’il en soit, une telle nouvelle, qui tombe du fil de presse le même jour que le dévoilement des résultats d’une étude de l’IREC affirmant que 60% des immigrants allophones ne se francisent pas et que l’incohérence de la politique du gouvernement du Québec est largement responsable du recul du français à Montréal, illustre dramatiquement le recul que subit le français au Québec, recul qui touche maintenant ses institutions les plus prestigieuses.

Les communautés religieuses ont joué un rôle historique de premier plan pour ce qui est du maintien et du développement d’un réseau d’écoles françaises au Québec et ailleurs en Amérique de Nord. Réseau qui a permis à l’élite canadienne-française de s’instruire en français pendant presque 400 ans.

Voir maintenant une école telle que les Ursulines basculer à l’enseignement en anglais pour une partie de sa clientèle est un puissant symbole du démantèlement du Québec français qui est en cours.


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