« l'Église catholique vit, depuis un certain temps, une crise profonde. Historiquement au Québec, jusqu'à la fin des années cinquante, tout ou presque (de l'école aux hôpitaux) était dans les mains de l'Église... Tout s'est écroulé à partir des années soixante. Plusieurs facteurs ont joué dans cette métamorphose : l'influence marxiste et l'affirmation de l'étatisme, mais aussi l'impact du Concile Vatican II sur l'Église locale...»

- Cardinal Ouellet

dimanche 1 novembre 2015

Patrimoine religieux: la débâcle des clochers


Tous les 10 jours depuis 12 ans, le Québec voit disparaître une page de son histoire avec la transformation, la fermeture ou la démolition d'une église. Voici un état des lieux de ces églises, témoins d'une époque révolue, devenues trop grandes et trop onéreuses.


Depuis 2003, une église sur six a fermé ses portes au Québec. Faute de croyants et de revenus suffisants pour maintenir ces édifices d'une certaine majesté, on a cadenassé, vendu, recyclé ou carrément rasé 450 églises. Et avec ces transformations qui s'inscrivent dans une tendance lourde, c'est une part du patrimoine religieux qui disparaît de notre paysage.

Les derniers chiffres de l'enquête du Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ) obtenus par La Presse, et qui seront présentés la semaine prochaine dans le cadre d'un forum national, ne trompent pas: la cadence de la mutation des lieux de culte s'est accélérée jusqu'à l'an dernier. Puis, un ralentissement dans l'exécution des changements s'est fait sentir en 2015, sans que le nombre de propositions de fermeture ou de conversion diminue pour autant. En fait, les projets sont en attente qui d'un soutien financier, qui de l'appui d'une municipalité, qui d'un sursaut d'intérêt patrimonial de la population.

Le phénomène des fermetures, des transformations et des démolitions est plus important dans les régions de la Montérégie et des Laurentides où, respectivement, une église sur cinq et une église sur quatre ont changé de vocation depuis 12 ans.

[...]

«C'est le point de rassemblement où les gens ne se rassemblent plus», constate le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, en entrevue à La Presse. «Il faut vivre avec cette réalité-là. Je ne voudrais en fermer aucune. Elles sont toutes belles et elles sont le témoin d'un riche passé. Mais on ne peut pas dire qu'on va mettre des centaines et des centaines de milliers de dollars, et même des millions, si on ne peut pas payer notre personnel pastoral, si on ne peut plus continuer à soutenir les pauvres et les organismes communautaires. On ne peut pas tout mettre notre argent sur la pierre, le plâtre et le chauffage. Il faut un budget aussi qui s'occupe des gens et qui transmet la foi.»

«La vente d'une église est un dernier recours parce qu'une fois l'église vendue, la communauté est morte», justifie M. Cardin.

1 commentaire:

  1. Pendant ce temps, les mosquées ouvrent par dizaine...

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