« l'Église catholique vit, depuis un certain temps, une crise profonde. Historiquement au Québec, jusqu'à la fin des années cinquante, tout ou presque (de l'école aux hôpitaux) était dans les mains de l'Église... Tout s'est écroulé à partir des années soixante. Plusieurs facteurs ont joué dans cette métamorphose : l'influence marxiste et l'affirmation de l'étatisme, mais aussi l'impact du Concile Vatican II sur l'Église locale...»

- Cardinal Ouellet

vendredi 20 février 2015

L'église Saint-Jean-Baptiste fermera ses portes le 24 mai

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(Québec) L'église Saint-Jean-Baptiste fermera officiellement ses portes le 24 mai. L'assemblée de fabrique demandera à l'Archevêque de Québec de fermer l'édifice datant de 1882 pouvant accueillir près de 2100 fidèles.

«Cette décision a été prise en raison de la situation financière déficitaire de la fabrique et de l'importance des coûts liés à l'entretien de cette église», peut-on lire dans un communiqué publié sur le site des paroisses Saint-Jean-Baptiste et Saint-Dominique. 

«Depuis 15 ans, plusieurs personnes et comités ont tenté, en vain, de trouver des solutions pour assurer la viabilité de ce magnifique édifice, coeur de la vie spirituelle et communautaire du quartier. Malheureusement, les contraintes liées, par exemple, à l'absence de stationnement et à la classification historique de l'édifice se sont toujours avérées des obstacles décisifs aux idées proposées.» 

Le gouvernement du Québec a lui-même classé l'Église Saint-Jean-Baptiste comme monument historique en 1991. À partir du moment où un monument est classé, le gouvernement a une responsabilité patrimoniale envers celui-ci. L'orgue de l'église est aussi classé bien culturel. Depuis une vingtaine d'années, environ 6 M$ ont été mis sur l'église pour des réparations.

«On a fait tous les paliers de gouvernement, on fait régulièrement des démarches. Tout le monde s'entend sur la beauté et la préservation du bâtiment, mais quand vient le temps de mettre la main dans les poches, c'est une autre problématique», rapporte l'Abbé Gingras. Il admet recevoir des subventions du gouvernement de temps à autre, mais les montants sont dérisoires pour réussir à maintenir en état un tel édifice.

«Ça ne tombera pas, un bâtiment de cette grandeur-là, mais il faut l'entretenir de façon régulière sinon les problèmes deviennent de plus en plus gros et après c'est encore plus cher», rappelle l'homme d'Église.

Le curé déplore l'indifférence face à tout ce qui est religieux et qui a pourtant fait l'histoire du Québec. «Plutôt que d'être fiers de tout ce que l'église a fait, on a mis l'accent sur tout ce qui était allé de travers, mais on oublie que l'église était à l'origine des soins de santé, de l'éducation, des loisirs. L'église est pourtant encore un lieu d'accueil et d'aide», rappelle-t-il.

Rappelons que récemment l'abbé Pierre Gingras, prêtre en charge, avait dénoncé notre patrimoine qui se meurt dans l'indifférence totale. L'église du patron des Canadiens-français, saint Jean Baptiste, ferme ses portes: faut-il y voir un signe?


MISE À JOUR 21 février:

Source 

(Québec) Au lendemain de l'annonce de la fermeture de l'église Saint-Jean-Baptiste, la Ville de Québec refuse de jeter l'éponge et demande aux parties en présence de se réunir afin de s'entendre sur un projet porteur qui assurerait la survie de ce lieu de culte patrimonial.

La Ville aurait d'ailleurs récemment proposé une vocation alternative à l'église, proposition qui aurait été rejetée par le ministère de la Culture, selon Mme Lemieux. L'idée était de transformer l'espace en énorme salle de réception, sur le modèle de la chapelle du Musée de l'Amérique francophone, comme le décrit le curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, Pierre Gingras.

Pour sa part, le curé Pierre Gingras dit ne pas avoir reçu d'échos positifs de la part du gouvernement en ce qui a trait au projet de transformation du bâtiment, construit en 1882. 

Aux yeux de l'évêque auxiliaire de Québec, Mgr Gaétan Proulx, cette annonce de fermeture est un «cri d'alarme» lancé par la paroisse pour «réveiller les alentours». Ce à quoi Pierre Gingras, plutôt défaitiste, répond : «ça fait longtemps qu'on crie.» 

«Mais dès que c'est religieux, tout le monde devient frileux», ajoute-t-il. «Nous, on ferme parce qu'on n'est plus capables.»

2 commentaires:

  1. Les signes que ça ne va pas bien dans la vie chrétienne de l'Église et de ses membres il y en a à la pelle c'en est un de plus.
    Quand on délaisse Dieu c'est l'autre qui prend la place qu'on aime ça ou pas,qu'on le veuille ou pas, les Églises partout sont désertées, la Religion Catholique la plus belle de toutes n'intéresse plus personne ou si peu ,c'est l'esprit du monde, la laicité qu'on veut , on va l'avoir , mais à quel prix.....L'avenir un jour ou l'autre re donnera raison à Dieu en attendant satan mène la danse dansez mais un jour ......Dieu sortira vainqueur heureux ceux et celle qui auront été capables de lui rester fidèle: fidèle à ses commandements et il y en a et en aura toujours 10....

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  2. Il déplore l'indifférence pour le passé et les racines religieuses et c'est toujours "la société" la coupable... Il devrait tourner son regard davantage sur les postconciliaires locaux qui ont eux-mêmes opéré des ruptures fondamentales, notemment liturgiques , avec les racines réelles historiques. La coupure externe a été immensément favorisée par les coupures internes; l'indifférence par la caté molle qui cherche à plaire. Trop tard après pour se lamenter sur des patrimoines. Ils payent pour les messes à gogo et la mort de toutes les religions des ans 70 s'en vient, inexorable.

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