« l'Église catholique vit, depuis un certain temps, une crise profonde. Historiquement au Québec, jusqu'à la fin des années cinquante, tout ou presque (de l'école aux hôpitaux) était dans les mains de l'Église... Tout s'est écroulé à partir des années soixante. Plusieurs facteurs ont joué dans cette métamorphose : l'influence marxiste et l'affirmation de l'étatisme, mais aussi l'impact du Concile Vatican II sur l'Église locale...»

- Cardinal Ouellet

dimanche 15 février 2015

Fermeture de la faculté de théologie à l'Université de Sherbrooke

Source

La Vérité dans la charité
La décision de la direction de l'Université de Sherbrooke de fermer la faculté de théologie et d'études religieuses en transférant ses programmes dans un centre universitaire multidisciplinaire a provoqué des réactions dans notre milieu, surtout de la part des étudiantes et étudiants directement concernés. Ils ont été profondément déçus, comme bien d'autres, que leur université tant vantée pour sa culture de proximité et de souci des personnes n'ait pas eu le réflexe de les faire participer à une décision aussi lourde de conséquences pour leur propre avenir.

Ce qui pose une autre question fondamentale, sur l'identité de l'Université de Sherbrooke : peut-elle maintenir son statut, unique au Québec, d'université catholique, offrant une formation en théologie? Devra-t-elle réviser et renégocier sa charte et ses statuts? Mais plus grave encore, une telle décision, que l'on justifie par des impératifs budgétaires, constitue une sorte de pied de nez à ses origines et à son histoire. Cette université sexagénaire est issue de la volonté et de la ténacité des religieux et prêtres du temps, qui n'ont jamais vécu leurs engagements en fonction d'une logique comptable, dans la gratuité. On n'a peut-être pas pesé la portée historique et symbolique d'une telle décision.

Le fait de faire disparaître la théologie du paysage universitaire de Sherbrooke devient le symbole de toute notre société, qui a peu de souci de sa fibre spirituelle et religieuse et se plaint de l'envahissement d'autres systèmes de croyances. Le désert croît, disait Nietzsche. Pourtant, le contexte actuel plaide pour une solide formation dans le territoire religieux et théologique, à la fois dans la lucidité face aux enjeux nouveaux et dans la fidélité à un héritage riche de sens. Prononcer la mort de la théologie, à moyen et long terme, c'est un recul pour la culture, qu'on soit croyant ou non.

La faculté de théologie et d'études religieuses de l'Université de Sherbrooke fermera ses portes le 1er mai.

Pour rappel: L'Université de Sherbrooke a été créée le 4 mai 1954. Elle est issue du Séminaire Saint-Charles-Borromée de Sherbrooke, dont elle s'est détachée physiquement et administrativement en 1960. Ses trois premiers recteurs furent des ecclésiastiques. L'Université de Sherbrooke fut fondée par Mgr Georges Cabana, archevêque de Sherbrooke, qui porta à terme le rêve inachevé de son prédécesseur, Mgr Philippe Desranleau.

1 commentaire:

  1. C'est avec chagrin que je vois (moi ancien de cette ``Alma mater``)se défaire jour après jour les tissus de notre foi catholique par le recul constant des institutions de ce qui a été un peuple fondé dans la foi au Christ.
    Ce phénomène unique dans l'histoire de la chrétienté où tout l'occident
    apostasie lentement sa foi n'a pu se produire sans la lâcheté et la trahison de ses élites sur plus d'une génération. Comment l'Église n'a-t-elle pu observer ce phénomène qui a commencé après Vatican II, sans jamais mettre en cause ce dernier qui est venu bouleverser plus de 1900 ans de vérités confirmées par les dogmes et les conciles antérieurs ? Qui fera un jour la vérité sur tout cela ? En attendant, les autorités vaticanes actuelles ne jurent plus que par cet odieux concile qui a tout mis à sac. Un réveil est-il possible ? Où le Maître devra-t-il lui-même faire le ménage comme autrefois IL l'a fait pour les vendeurs du temple ? ``Miserere nobis ,Domine``. Domingue.

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